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Contrôle URSSAF chez un particulier : est-ce possible ?

Contrôle URSSAF chez un particulier : est-ce possible ?

Oui, l’URSSAF peut intervenir auprès d’un particulier dans certaines situations. Mais un simple particulier n’est pas soumis aux mêmes pouvoirs de contrôle qu’une entreprise ou qu’un particulier employeur, et l’URSSAF ne dispose pas d’un droit général lui permettant d’entrer de force dans un domicile privé.

Tout dépend donc de la situation.

Le particulier emploie-t-il un salarié à domicile ? Est-il travailleur indépendant ? L’URSSAF recherche-t-elle une situation de travail dissimulé ? Les agents souhaitent-ils entrer dans un local professionnel ou dans une habitation privée ?

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Ces distinctions sont essentielles.

Une décision récente de la Cour de cassation du 5 mars 2026 a justement précisé les pouvoirs des agents URSSAF en matière de travail dissimulé : ils peuvent entrer dans des lieux professionnels sans autorisation préalable, mais ils ne disposent d’aucun pouvoir de contrainte matérielle et ne peuvent notamment procéder eux-mêmes à une perquisition ou à une saisie.

L’URSSAF peut-elle contrôler n’importe quel particulier ?

Non. Le simple fait d’être un particulier ne suffit pas à vous placer dans le champ d’un contrôle URSSAF classique. Mais un particulier peut être contrôlé s’il est employeur, travailleur indépendant, redevable de cotisations ou si une enquête porte sur une possible situation de travail dissimulé.

L’article L. 243-7 du Code de la sécurité sociale définit le champ classique du contrôle URSSAF.

Il vise notamment :

  • les employeurs, personnes physiques ou morales ;
  • les travailleurs indépendants ;
  • les personnes versant des cotisations ou contributions aux organismes de recouvrement.

L’URSSAF indique elle-même parmi les personnes susceptibles d’être contrôlées les employeurs, travailleurs indépendants et particuliers employeurs.

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Un particulier qui n’a aucun salarié, aucune activité indépendante et aucune obligation de cotisations n’est donc pas assimilable, simplement parce qu’il est propriétaire d’une maison ou d’un appartement, à une entreprise susceptible de subir un contrôle comptable ordinaire.

Mais cela n’empêche pas une enquête pour travail dissimulé lorsqu’il existe des éléments laissant supposer qu’une personne travaille sans être déclarée.

Quelle différence entre un particulier employeur et un simple particulier ?

Un particulier employeur est une personne qui emploie directement quelqu’un : aide à domicile, garde d’enfant, employé de maison, jardinier, etc. Un simple particulier qui réalise des travaux chez lui avec un membre de sa famille n’est pas automatiquement un employeur.

La distinction est essentielle.

Un particulier utilisant par exemple le CESU pour rémunérer une personne intervenant à son domicile est bien un particulier employeur.

Il est soumis à des obligations sociales et peut donc faire l’objet d’un contrôle URSSAF.

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À l’inverse, une personne qui repeint sa maison avec son frère, son père ou son oncle ne devient pas automatiquement employeur.

Il faut rechercher s’il existe réellement une relation de travail : prestation, rémunération et surtout lien de subordination.

L’URSSAF peut-elle venir chez un particulier employeur ?

Oui. Les textes envisagent expressément qu’un agent URSSAF se présente au domicile d’un particulier employeur. Cela ne signifie toutefois pas que l’agent dispose d’un pouvoir d’entrée forcée.

L’article R. 243-59-4-1 du Code de la sécurité sociale traite expressément du contrôle d’un particulier employeur.

Le texte envisage notamment le cas où celui-ci ne répond pas aux demandes de renseignements ou n’accueille pas « un agent chargé du contrôle se présentant à son domicile ».

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Le contrôle à domicile d’un particulier employeur est donc expressément prévu par la réglementation.

Mais la question de la possibilité de forcer l’entrée est différente.

L’URSSAF doit-elle prévenir avant un contrôle à domicile ?

En principe, un contrôle URSSAF classique relevant de l’article L. 243-7 doit être précédé d’un avis adressé au moins 30 jours avant la première visite. Mais cette obligation disparaît lorsque le contrôle a pour objet la recherche d’infractions de travail dissimulé.

Depuis le 1er janvier 2026, l’article R. 243-59 du Code de la sécurité sociale prévoit un délai d’au moins 30 jours entre l’envoi de l’avis de contrôle et la première visite.

Pour une personne physique, cet avis est adressé à son domicile ou, à défaut, à son adresse professionnelle.

Il existe cependant une exception très importante.

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Lorsque le contrôle est réalisé pour rechercher une infraction relevant du travail dissimulé, l’URSSAF n’est pas tenue d’adresser préalablement cet avis.

Un contrôle inopiné peut donc être juridiquement possible dans ce contexte.

L’URSSAF peut-elle entrer sans autorisation dans une maison habitée ?

Lorsqu’il s’agit réellement d’un domicile habité, la protection est beaucoup plus forte que pour un local professionnel. Les agents ne disposent pas d’un droit général permettant de forcer l’entrée dans une habitation privée.

L’article L. 8113-1 du Code du travail pose une règle particulièrement claire pour les contrôles concernés : lorsque les travaux sont exécutés dans des locaux habités, l’entrée ne peut intervenir qu’après autorisation des personnes qui les occupent.

Cette règle est importante en matière de travail illégal puisque la Cour de cassation a précisé, le 5 mars 2026, que les agents URSSAF peuvent exercer un droit d’entrée dans les conditions auxquelles renvoie l’article L. 8113-1 lorsqu’ils interviennent dans ce cadre.

Il faut donc distinguer :

un atelier, commerce, chantier ou local professionnel, d’une part ;

et

la maison ou l’appartement effectivement habité par un particulier, d’autre part.

Les pouvoirs ne sont pas identiques.

Un contrôle URSSAF est-il une perquisition ?

Non. Un inspecteur URSSAF n’est pas un officier de police judiciaire procédant à une perquisition. Ses pouvoirs de contrôle ne lui permettent pas, par eux-mêmes, de fouiller un domicile, ouvrir de force des pièces fermées ou saisir des objets comme dans une procédure pénale.

La Cour de cassation le dit expressément dans son avis du 5 mars 2026 : les agents URSSAF « ne peuvent procéder à aucune perquisition ou saisie » et n’ont pas de pouvoir de contrainte matérielle.

Il faut donc distinguer une visite ou un contrôle URSSAF d’une véritable opération judiciaire.

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Une perquisition peut intervenir dans une enquête pénale selon les règles du Code de procédure pénale et avec l’intervention d’autorités disposant des pouvoirs correspondants.

Mais le simple fait de présenter une carte d’inspecteur URSSAF ne donne pas à l’agent les pouvoirs d’un service de police judiciaire.

L’URSSAF peut-elle contrôler un simple particulier soupçonné de travail dissimulé ?

Oui, une enquête peut viser une situation dans laquelle un simple particulier est soupçonné d’avoir fait travailler une personne sans la déclarer. L’absence d’immatriculation comme employeur ne rend évidemment pas le travail dissimulé impossible à rechercher.

L’article L. 8271-1-2 du Code du travail inclut expressément parmi les agents compétents pour rechercher et constater les infractions de travail illégal les agents des organismes de sécurité sociale agréés et assermentés.

Les pouvoirs d’enquête sont donc distincts du simple contrôle comptable d’un cotisant.

C’est pourquoi la question :

« Je ne suis pas enregistré comme employeur, alors comment l’URSSAF pourrait-elle me contrôler ? »

n’est pas suffisante.

Si l’objet de l’intervention est précisément de déterminer si vous auriez dû être employeur, une enquête reste possible.

Les agents peuvent-ils interroger la personne trouvée en train de travailler ?

Oui, mais les auditions réalisées dans le cadre de la recherche de travail illégal sont encadrées. L’article L. 8271-6-1 prévoit notamment que les personnes sont entendues avec leur consentement.

L’article L. 8271-6-1 du Code du travail permet aux agents d’entendre, en quelque lieu que ce soit et avec leur consentement, notamment :

la personne susceptible d’être employeur ;

une personne rémunérée ou présumée l’avoir été ;

ainsi que toute personne susceptible de fournir des informations utiles à la lutte contre le travail illégal.

Les agents peuvent également demander aux personnes concernées de justifier de leur identité et de leur adresse.

La Cour de cassation a déjà eu l’occasion de confirmer l’importance de la condition du consentement dans ce type d’audition.

Que se passe-t-il si mon oncle m’aide à faire des travaux chez moi ?

Le simple fait qu’un membre de votre famille travaille avec vous ne caractérise pas un emploi dissimulé. Une véritable entraide familiale peut être totalement étrangère à une relation salariée.

Prenons un exemple.

Vous rénovez votre maison.

Votre oncle vient pendant quelques week-ends vous aider gratuitement à refaire une pièce, poser du parquet ou peindre les murs.

Il vient librement. Vous travaillez ensemble. Vous ne lui versez ni salaire, ni indemnité cachée, ni contrepartie. Il n’a pas d’horaires professionnels imposés et peut décider de ne pas venir.

Cette situation peut relever d’une entraide familiale et non d’un emploi salarié.

La Cour de cassation rappelle que l’entraide familiale suppose notamment une activité temporaire et exclusive d’un véritable lien de subordination.

Quand l’entraide familiale risque-t-elle de devenir du travail dissimulé ?

Le risque apparaît lorsque l’aide familiale ressemble en réalité à un véritable emploi : activité durable, rémunération, horaires réguliers, instructions contraignantes et organisation assimilable à celle d’un salarié.

Le lien familial ne suffit donc pas à protéger une situation artificielle.

La Cour de cassation a par exemple validé une condamnation dans une affaire où des personnes effectuaient pendant une longue période d’importants travaux de restauration et de construction et étaient rémunérées en espèces selon le temps de travail effectué.

À l’inverse, la Cour de cassation rappelle que l’entraide familiale peut être admise lorsqu’elle reste temporaire et hors de tout rapport de subordination.

En pratique, plusieurs éléments doivent donc être examinés ensemble : la durée de l’aide, sa fréquence, l’existence d’une rémunération ou d’une contrepartie, l’autonomie de la personne, les éventuels horaires et la possibilité de refuser de participer.

Exemple : mon frère ou mon oncle peint ma maison gratuitement

Une aide gratuite, occasionnelle et libre apportée à un particulier pour ses besoins personnels est très différente de l’emploi clandestin d’un ouvrier.

Si votre oncle vient deux samedis vous aider à repeindre votre salon, il paraît difficile de déduire de sa seule présence qu’il existe un contrat de travail.

À l’inverse, la situation devient beaucoup plus délicate s’il vient :

tous les jours pendant trois mois ;

à des horaires définis ;

pour réaliser seul l’intégralité d’un chantier ;

en contrepartie de sommes versées en espèces ;

ou dans des conditions correspondant manifestement au travail habituel d’un professionnel rémunéré.

Il ne suffit donc ni de dire « c’est mon oncle » pour établir l’entraide familiale, ni de constater « il travaille » pour démontrer automatiquement un contrat de travail.

Les faits doivent être analysés.

Puis-je refuser de laisser entrer l’URSSAF chez moi ?

Dans un domicile habité, les règles protectrices du domicile doivent être prises en compte et l’article L. 8113-1 exige l’autorisation de l’occupant dans le cadre qu’il régit. Mais un particulier employeur ne doit pas transformer ce refus ponctuel d’accès en obstruction générale et répétée au contrôle.

Le cas du particulier employeur est particulièrement révélateur.

L’article R. 243-59-4-1 prévoit que l’obstacle au contrôle est notamment caractérisé lorsqu’il a successivement :

refusé à deux reprises de répondre de manière circonstanciée ou d’accueillir l’agent se présentant à son domicile ;

puis ne s’est pas présenté ou fait représenter à au moins deux convocations de l’URSSAF.

Autrement dit :

l’absence d’entrée forcée ne signifie pas que le particulier employeur puisse empêcher indéfiniment tout contrôle.

Quelle sanction en cas d’obstacle à un contrôle URSSAF ?

Un particulier employeur qui fait obstacle au contrôle peut notamment encourir une pénalité financière maximale de 3 750 €. Mais cette sanction vise les particuliers employeurs entrant dans le champ précis du texte, pas indistinctement tout propriétaire chez lequel un agent souhaiterait entrer.

L’article L. 243-12-1 du Code de la sécurité sociale prévoit une pénalité maximale de 3 750 € pour certains particuliers employeurs en cas d’obstacle au contrôle.

En cas de nouveau manquement dans les cinq ans, le plafond peut être doublé.

Il faut donc se méfier des deux affirmations excessives suivantes :

« L’URSSAF peut entrer de force chez n’importe qui. » → Faux.

« Comme c’est mon domicile, je peux ignorer toutes les demandes de l’URSSAF. » → Faux également, notamment lorsqu’on est particulier employeur.

Peut-on contester un contrôle URSSAF réalisé irrégulièrement à domicile ?

Oui. La régularité des opérations de contrôle peut être discutée devant le juge lorsque le redressement est contesté. Mais une irrégularité alléguée n’entraîne pas nécessairement automatiquement l’annulation de l’ensemble de la procédure.

Dans son avis du 5 mars 2026, la Cour de cassation relève expressément que les opérations de contrôle peuvent être ultérieurement soumises au juge à l’occasion de la contestation du redressement.

Il faut alors examiner précisément :

le lieu du contrôle ;

la nature professionnelle ou privée des locaux ;

le consentement éventuellement donné ;

les conditions de l’entrée ;

le cadre juridique retenu par l’URSSAF ;

les auditions réalisées ;

et les documents effectivement utilisés pour fonder le redressement.

La question de la régularité de l’entrée peut donc devenir un véritable moyen de défense.

Quand consulter un avocat après un contrôle URSSAF chez un particulier ?

Un avocat peut être utile dès qu’un contrôle à domicile vise une suspicion de travail dissimulé, qu’une personne a été interrogée ou qu’un procès-verbal ou une lettre d’observations est annoncé. L’analyse doit porter à la fois sur la régularité du contrôle et sur la qualification de la relation constatée.

Dans un dossier d’entraide familiale, il faut notamment démontrer pourquoi il n’existait ni relation salariale, ni rémunération, ni véritable lien de subordination.

Lorsque les agents sont entrés dans un domicile, il faut également vérifier les conditions dans lesquelles cet accès a été obtenu.

Enfin, si une lettre d’observations est reçue, le délai contradictoire doit être utilisé pour contester immédiatement les constats et produire les justificatifs pertinents.

EXILAE Avocats intervient en droit de la sécurité sociale et en contentieux URSSAF et accompagne particuliers, particuliers employeurs, travailleurs indépendants et entreprises dans les contrôles relatifs au travail dissimulé, aux redressements URSSAF, à l’entraide familiale et aux contestations devant la commission de recours amiable et le pôle social du tribunal judiciaire.

EXILAE Avocats ne se contente pas de traiter des dossiers : il explique, vulgarise et prend position sur des problématiques rencontrées par ses clients.

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Préconisations du médecin du travail non respectées : quels risques ?

Préconisations du médecin du travail non respectées : quels risques ?

Que risque un employeur qui ne respecte pas les préconisations du médecin du travail ?

Depuis un arrêt majeur du 9 septembre 2026, la réponse est particulièrement claire : lorsque l’employeur ne respecte pas les mesures individuelles d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste préconisées par le médecin du travail, le salarié a droit à réparation sans avoir à démontrer une aggravation concrète de son état de santé.

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Dans son arrêt du 9 septembre 2026, n° 25-11.901, publié au Bulletin et au Rapport, la Cour de cassation juge que le non-respect de ces préconisations porte, par lui-même, atteinte à la sécurité et à la santé du salarié.

Il s’agit d’un véritable changement de jurisprudence. Le document à l’origine de cet article souligne précisément que la Cour abandonne, pour ces préconisations particulières, l’exigence antérieure consistant à rechercher si le salarié démontrait un préjudice distinct.

Que dit exactement la Cour de cassation depuis septembre 2026 ?

Le salarié doit prouver que les préconisations existaient et qu’elles n’ont pas été respectées. En revanche, il n’a plus à prouver qu’il est tombé malade, que son état s’est aggravé ou qu’il a subi un nouvel accident pour obtenir réparation.

La Cour de cassation considère que l’atteinte à la santé et à la sécurité résulte nécessairement du non-respect des mesures destinées précisément à protéger le salarié.

Attention toutefois : cela ne signifie pas que le montant de l’indemnité est automatique.

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La jurisprudence reconnaît le droit à réparation. Il appartiendra ensuite au conseil de prud’hommes d’apprécier le montant des dommages-intérêts.

Que s’est-il passé dans l’affaire jugée le 9 septembre 2026 ?

Une salariée travaillait dans une station-service.

Le médecin du travail avait formulé des restrictions concernant son poste. Il lui était notamment déconseillé de travailler à l’extérieur sur la piste et de porter certaines charges.

Elle reprochait pourtant à son employeur de lui avoir fait continuer certaines tâches sur la piste malgré ces préconisations. Elle demandait donc des dommages-intérêts pour manquement à l’obligation de sécurité.

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La cour d’appel avait refusé de l’indemniser : selon elle, la salariée ne démontrait pas que le comportement de son employeur avait effectivement eu des conséquences sur sa santé.

La Cour de cassation casse cette décision.

Désormais, pour les mesures concernées, le non-respect lui-même suffit à ouvrir droit à réparation.

Quelles préconisations du médecin du travail l’employeur doit-il respecter ?

Le médecin du travail peut proposer des mesures individuelles concernant le poste ou le temps de travail lorsque l’état de santé du salarié le justifie. L’employeur doit impérativement les prendre en considération.

L’article L. 4624-3 du Code du travail autorise le médecin du travail à proposer par écrit, après échange avec le salarié et l’employeur, des mesures :

  • d’aménagement du poste ;
  • d’adaptation du poste ;
  • de transformation du poste ;
  • d’aménagement du temps de travail.

Ces mesures peuvent notamment être justifiées par l’état de santé physique ou mental du salarié.

Il peut s’agir, par exemple, de ne plus porter certaines charges, de ne pas effectuer certains gestes, d’éviter le travail de nuit, d’aménager les horaires ou de modifier matériellement certaines tâches.

L’employeur est-il obligé de suivre les préconisations du médecin du travail ?

L’employeur ne peut pas simplement les ignorer. Il doit les prendre en considération et, s’il refuse d’y donner suite, expliquer par écrit ses raisons au salarié et au médecin du travail.

C’est expressément prévu par l’article L. 4624-6 du Code du travail.

Il existe donc une différence majeure entre :

« Nous avons examiné la préconisation, échangé avec le médecin du travail et rencontré une difficulté concrète que nous avons motivée »

et :

« Nous avons reçu l’avis mais avons continué à faire travailler le salarié comme auparavant. »

C’est évidemment cette seconde situation qui devient particulièrement risquée depuis septembre 2026.

Un employeur peut-il simplement expliquer que l’aménagement est impossible ?

Une impossibilité peut être invoquée, mais elle doit être sérieusement étudiée et motivée. Une affirmation générale tenant aux contraintes d’organisation ne constitue pas une protection automatique contre un contentieux.

Le Code du travail impose, en cas de refus, une réponse écrite au salarié et au médecin du travail.

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En pratique, l’employeur a donc intérêt à pouvoir démontrer qu’il a réellement recherché une solution : adaptation des tâches, modification des horaires, matériel différent, nouvelle organisation ou nouvel échange avec le service de prévention et de santé au travail.

Le simple classement de la fiche médicale dans le dossier du salarié ne suffit pas.

Mon employeur ne respecte pas les préconisations du médecin du travail : que puis-je faire ?

Le salarié doit d’abord conserver la preuve de la préconisation et des tâches qui lui sont réellement demandées. Il peut ensuite alerter par écrit l’employeur et le médecin du travail et, selon la situation, saisir le conseil de prud’hommes.

Les éléments de preuve peuvent notamment comprendre :

  • l’avis ou la fiche du médecin du travail ;
  • les courriels adressés au responsable ou aux RH ;
  • les SMS professionnels ;
  • les plannings ;
  • les instructions données par le manager ;
  • les fiches de poste ;
  • des attestations de collègues ;
  • tout document démontrant les tâches réellement effectuées.

Depuis l’arrêt du 9 septembre 2026, le salarié qui démontre le non-respect des mesures individuelles concernées n’a plus à apporter, en plus, la preuve d’une dégradation particulière de sa santé pour établir son droit à réparation.

Le salarié doit-il forcément avoir eu un accident pour être indemnisé ?

Non. C’est précisément ce que change l’arrêt du 9 septembre 2026.

Le salarié n’a pas à attendre qu’un accident ou une aggravation médicale survienne.

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Si le médecin du travail interdit par exemple le port de charges supérieures à un certain poids et que l’employeur continue à imposer ces manutentions, le non-respect de la préconisation peut désormais ouvrir droit à réparation même si le salarié n’a pas subi de nouvelle lésion.

Cette jurisprudence renforce donc considérablement la logique de prévention en matière de santé au travail.

Pourquoi l’obligation de sécurité de l’employeur est-elle également concernée ?

Parce que les préconisations du médecin du travail s’inscrivent dans l’obligation générale de l’employeur de protéger la santé et la sécurité de ses salariés.

Dans son arrêt, la Cour de cassation se fonde notamment sur les articles L. 4121-1, L. 4121-2 et L. 4121-4 du Code du travail, ainsi que sur l’article L. 4624-6. Elle les interprète à la lumière des articles 5 et 6 de la directive européenne 89/391/CEE relative à la santé et à la sécurité des travailleurs.

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La logique est cohérente : une restriction médicale a pour objet d’éviter un risque avant qu’il ne se transforme en accident ou en détérioration de l’état de santé.

L’employeur ne peut donc pas attendre que le dommage se réalise pour réagir.

Peut-on contester les préconisations du médecin du travail ?

Oui, certaines propositions ou indications reposant sur des éléments de nature médicale peuvent être contestées devant le conseil de prud’hommes. Mais le délai est extrêmement court : 15 jours à compter de leur notification.

L’article L. 4624-7 du Code du travail prévoit que l’employeur ou le salarié peut saisir le conseil de prud’hommes selon la procédure accélérée au fond lorsque la contestation porte sur les éléments médicaux visés par le texte.

L’article R. 4624-45 du Code du travail fixe le délai à 15 jours à compter de la notification.

L’employeur qui considère qu’une préconisation est juridiquement contestable ne doit donc surtout pas l’ignorer pendant plusieurs semaines.

Que risque concrètement l’employeur si les préconisations ne sont pas respectées ?

Le premier risque désormais certain est une condamnation à indemniser le salarié. D’autres conséquences peuvent également apparaître selon les circonstances du dossier.

Le contentieux peut notamment se rattacher à :

  • l’obligation de sécurité ;
  • l’exécution du contrat de travail ;
  • un accident du travail ;
  • une inaptitude ;
  • une discrimination fondée sur l’état de santé ;
  • ou une rupture ultérieure du contrat.

Mais il faut être précis : l’arrêt du 9 septembre 2026 ne transforme pas automatiquement tout non-respect en harcèlement, discrimination, faute inexcusable ou nullité d’un licenciement.

Ces qualifications ont chacune leurs propres conditions.

La nouvelle règle est plus ciblée : le non-respect des mesures individuelles visées ouvre, à lui seul, droit à réparation.

Quelle différence avec la jurisprudence antérieure ?

Avant septembre 2026, le salarié pouvait voir sa demande rejetée s’il ne démontrait pas un préjudice causé par le non-respect des préconisations. Ce n’est plus le cas pour les mesures visées par le nouvel arrêt.

Le document transmis rappelle que la Cour de cassation avait encore retenu une approche différente dans un arrêt du 9 décembre 2020, n° 19-13.470. Article 2

La décision de septembre 2026 constitue donc un revirement ciblé.

Il ne faut pas généraliser la théorie du « préjudice automatique » à tous les manquements de l’employeur.

La Cour vise spécifiquement le non-respect des mesures individuelles d’aménagement, d’adaptation ou de transformation du poste préconisées par le médecin du travail.

Quelles erreurs l’employeur doit-il absolument éviter ?

La première est de traiter l’avis du médecin du travail comme une simple recommandation facultative.

La deuxième consiste à laisser les ressources humaines gérer seules le document sans informer le responsable qui attribue réellement les tâches au salarié.

La troisième est d’attendre qu’un accident se produise avant d’adapter le poste.

Enfin, une entreprise qui souhaite contester une préconisation ne doit pas laisser expirer le délai de 15 jours prévu pour certaines contestations médicales.

Quand faut-il consulter un avocat ?

L’intervention d’un avocat en droit du travail est particulièrement utile lorsqu’une préconisation paraît impossible à mettre en œuvre, lorsqu’un employeur envisage de la contester ou lorsqu’un salarié reproche déjà à l’entreprise de ne pas l’avoir respectée.

Pour l’employeur, l’enjeu est de déterminer rapidement s’il faut aménager le poste, formaliser un refus, reprendre contact avec la médecine du travail ou engager une contestation dans le délai applicable.

Pour le salarié, il faut identifier les préconisations réellement émises, réunir les preuves de leur non-respect et déterminer les demandes qui peuvent être formulées devant le conseil de prud’hommes.

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Son positionnement, son équipe et ses implantations en font une structure de premier choix pour accompagner aussi bien les entreprises que les particuliers, avec une promesse simple : proposer des réponses concrètes, solides et adaptées à des situations qui, souvent, ne peuvent pas attendre.

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Rupture du contrat d’apprentissage et faute grave de l’employeur

Rupture du contrat d’apprentissage et faute grave de l’employeur

L’apprenti peut désormais rompre immédiatement son contrat en cas de manquements graves de l’employeur

L’apprentissage obéit à des règles particulières. Pendant longtemps, une question revenait sans cesse : un apprenti peut-il quitter immédiatement son entreprise quand la situation devient intenable ?

Un avis de la Cour de cassation du 15 avril 2026 a tranché : oui, en cas de manquements graves de l’employeur rendant impossible la poursuite du contrat, l’apprenti peut rompre immédiatement son contrat d’apprentissage, sans préavis et sans saisir le médiateur, et cette rupture n’est pas qualifiée de prise d’acte.

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C’est une décision importante parce qu’elle corrige un déséquilibre très concret.

En temps normal, après les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, l’apprenti qui veut rompre son contrat doit respecter une procédure spéciale : saisine d’un médiateur, délai d’information de 5 jours calendaires, puis délai minimal de 7 jours calendaires avant la rupture. Cette mécanique figure dans le code du travail.

Rappel des faits

Dans l’affaire à l’origine de l’avis, une alternante engagée en contrat d’apprentissage pour préparer un BTS avait rompu son contrat avant son terme et demandait que cette rupture soit requalifiée en licenciement sans cause réelle et sérieuse.

La difficulté était simple : le contrat d’apprentissage a un régime spécial, et le droit commun de la prise d’acte ne s’y applique pas automatiquement.

La Cour de cassation a choisi une voie intermédiaire : elle écarte la qualification de prise d’acte, mais reconnaît à l’apprenti un mode de rupture immédiat spécifique lorsque les manquements graves de l’employeur rendent impossible la poursuite du contrat.

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Autrement dit, la Cour ne dit pas que l’apprenti entre purement et simplement dans le régime des salariés “classiques”.

Elle dit que, dans certaines situations graves, le régime spécial de l’apprentissage ne peut pas empêcher un départ immédiat, car cela mettrait l’apprenti dans une position trop défavorable. Le fondement logique de cette solution se trouve aussi dans l’article L. 6222-23 du code du travail, selon lequel l’apprenti bénéficie des dispositions applicables à l’ensemble des salariés lorsqu’elles ne sont pas contraires à sa situation de jeune travailleur en formation.

Ce qui change désormais

Avant cet avis, le droit était flou. Certaines cours d’appel admettaient déjà qu’un apprenti puisse rompre rapidement son contrat en cas de manquements graves de l’employeur, d’autres refusaient.

La conséquence pratique est majeure : un apprenti confronté à une situation grave n’est plus obligé de rester lié à son employeur le temps d’un médiateur et de délais successifs, si la poursuite du contrat est devenue objectivement impossible. La solution est donc protectrice, surtout pour des jeunes travailleurs qui peuvent être plus vulnérables, parfois mineurs, et dont le contrat a aussi pour objet la formation initiale.

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L’article L. 6222-18 prévoit qu’après les 45 premiers jours de formation pratique en entreprise, le contrat d’apprentissage peut être rompu :

  • par accord écrit des deux parties ;
  • à l’initiative de l’apprenti, avec médiateur et délais ;
  • ou dans certains cas particuliers prévus par la loi.

Le décret d’application précise qu’après la saisine du médiateur, l’apprenti doit informer l’employeur dans un délai minimal de 5 jours calendaires, puis respecter un délai de 7 jours calendaires avant que la rupture ne produise effet. C’est précisément ce cadre que l’avis du 15 avril 2026 écarte en cas de manquements graves de l’employeur.

Ce n’est pas une prise d’acte néanmoins

C’est l’un des points les plus subtils de l’avis.

En droit du travail, la prise d’acte est un mode de rupture par lequel le salarié rompt immédiatement le contrat en reprochant à l’employeur des manquements suffisamment graves.

Mais la Cour de cassation a refusé d’appliquer purement et simplement cette catégorie au contrat d’apprentissage pouréviter des problèmes d’articulation avec le droit spécial de l’apprentissage.

En revanche, dans ses effets et dans son raisonnement, cette nouvelle rupture y ressemble beaucoup.

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Le juge devra examiner les manquements invoqués, apprécier leur gravité, déterminer à qui la rupture est imputable, puis se prononcer sur les dommages-intérêts.

L’avis du 15 avril 2026 ne donne pas une liste fermée mais l’avis mentionne déjà plusieurs exemples reconnus par des juridictions du fond :
– le non-respect des jours de repos ou de la durée du travail,
– le non-paiement des heures supplémentaires ou des majorations pour travail dominical,
– ou encore l’absence de fourniture des équipements de sécurité.

Il ajoute qu’un harcèlement moral pourrait très probablement justifier une rupture immédiate de la part de l’alternant.

En pratique, il faut retenir une idée simple : le manquement doit être suffisamment grave pour rendre impossible la poursuite du contrat. Une simple insatisfaction, un désaccord ordinaire ou une difficulté ponctuelle ne suffiront pas. Le seuil reste élevé, comme pour la prise d’acte en droit commun.

Que doit faire l’apprenti en pratique ?

Même si l’avis est protecteur, il ne faut pas rompre “à l’oral” ou sans trace. La meilleure stratégie consiste à formaliser immédiatement les griefs par écrit : courrier recommandé, mail détaillé, preuves à l’appui, témoignages, échanges avec le CFA, photos, bulletins de paie, planning, certificats médicaux si nécessaire. Cette prudence découle directement du fait que le juge devra apprécier ensuite la réalité et la gravité des manquements.

Il faut aussi prévenir rapidement le CFA ou l’organisme de formation, car la rupture du contrat ne doit pas faire perdre de vue l’objectif principal : la poursuite du parcours de formation.

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Après la rupture de son contrat, l’apprenti qui n’a pas encore trouvé un nouvel employeur peut, sous conditions, poursuivre sa formation théorique pendant 6 mois au CFA avec le statut de stagiaire de la formation professionnelle.

Quels sont les risques pour l’employeur ?

Pour l’employeur, cette décision est un avertissement clair.

Le contrat d’apprentissage n’est pas un contrat “à part” permettant de relâcher les exigences minimales.

Respect des horaires, repos, sécurité, paiement de la rémunération, conditions normales de travail : ces obligations restent essentielles.

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Si elles sont gravement violées, l’apprenti peut désormais partir immédiatement et demander réparation.

En contentieux, cela signifie qu’un employeur peut être condamné à indemniser l’apprenti si le juge estime que les manquements étaient suffisamment graves et que la rupture lui est imputable.

L’avis indique explicitement que le juge devra se prononcer sur l’octroi de dommages et intérêts.

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Carte bleue européenne 2026 : ce qui change en France

Carte bleue européenne 2026 : ce qui change en France

La carte bleue européenne est souvent présentée comme le titre de séjour des profils hautement qualifiés qui veulent travailler en Europe. C’est vrai, mais la réalité juridique est plus technique : le décret n° 2026-308 du 24 avril 2026, entré en vigueur le 26 avril 2026, ajuste le régime français de la carte bleue européenne pour faciliter la mobilité intra-européenne et mieux préparer l’accès au dispositif par l’expérience professionnelle, en complément du diplôme. Le texte a bien été publié au Journal officiel du 25 avril 2026.

L’idée centrale est simple : la France ne change pas complètement l’économie générale du dispositif, mais elle le rend plus fluide pour deux catégories de personnes.

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D’abord, les titulaires d’une carte bleue européenne délivrée par un autre État membre de l’Union européenne, qui peuvent désormais venir travailler en France pour une courte durée sans passer par une autorisation de travail.

Ensuite, les profils hautement qualifiés qui n’ont pas forcément le diplôme “classique”, mais une expérience professionnelle pertinente, même si cette ouverture reste encore partiellement suspendue à un futur arrêté ministériel

L’apport du décret du 24 avril 2026

Le décret du 24 avril 2026 poursuit la mise en conformité du droit français avec la directive (UE) 2021/1883 sur la carte bleue européenne. Il modifie à la fois le code du travail et le CESEDA.

Son apport le plus concret tient à deux points.

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D’un côté, il complète l’article R. 5221-2 du code du travail pour ajouter un nouveau cas de dispense d’autorisation de travail. Sont désormais dispensés d’autorisation de travail, pour une activité salariée en France d’une durée maximale de 90 jours sur toute période de 180 jours, les titulaires d’une carte bleue européenne ou d’une carte de résident de longue durée-UE portant la mention “Ancien titulaire d’une carte bleue européenne”, lorsque ce titre a été délivré par un autre État membre.

De l’autre côté, le décret crée l’article R. 421-21 C du CESEDA. Ce texte organise la nouvelle voie d’accès fondée sur l’expérience professionnelle pertinente : un arrêté des ministres chargés de l’immigration et du travail devra fixer la liste des professions pour lesquelles 3 années d’expérience sur les 7 dernières années pourront ouvrir droit à la carte bleue européenne. À ce stade, le code renvoie toujours à cet arrêté, ce qui montre que la réforme est engagée mais pas entièrement finalisée.

L’importance de cette réforme

La réforme est importante parce qu’elle répond à deux critiques récurrentes du système.

Première critique : la mobilité intra-européenne restait parfois plus théorique que réellement simple.

Deuxième critique : le dispositif valorisait surtout le diplôme, alors que certains secteurs recrutent aussi des profils très qualifiés grâce à leur expérience, notamment dans les métiers techniques et numériques.

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La directive (UE) 2021/1883 allait précisément dans ce sens : rendre la carte bleue plus attractive, mieux reconnue dans l’Union et plus adaptée au marché du travail contemporain.

Cette directive visait ainsi à faciliter l’entrée et le séjour des travailleurs hautement qualifiés ressortissants de pays tiers, tout en améliorant leur mobilité au sein de l’Union.

Le décret français du 24 avril 2026 s’inscrit clairement dans cette logique. Il ne révolutionne pas tout, mais il enlève un verrou important pour la mobilité courte et prépare un second assouplissement autour de l’expérience professionnelle.

Ce qui change en pratique

La mobilité de courte durée devient plus simple

C’est le changement le plus immédiatement opérationnel. Avant, un titre de séjour délivré par un autre pays de l’Union ne permettait pas, en principe, de travailler en France.

Le décret crée ici une exception ciblée pour la carte bleue européenne. Désormais, le titulaire d’une carte bleue européenne délivrée par un autre État membre, ou l’ancien titulaire disposant d’une carte de résident longue durée-UE correspondante, peut venir exercer une activité salariée en France jusqu’à 90 jours sur 180 jours sans autorisation de travail. C’est une avancée très concrète pour les entreprises internationales, les talents mobiles et les groupes présents dans plusieurs pays de l’Union.

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En pratique, cela ne veut pas dire que tout devient libre de conditions. Cela signifie seulement que, pour cette mobilité courte, l’étape administrative de l’autorisation de travail n’est plus requise dans ce cas précis. Pour des mobilités plus longues ou une installation en France, d’autres règles continuent de s’appliquer.

La reconnaissance de l’expérience professionnelle progresse

C’est probablement la partie la plus stratégique de la réforme, même si elle n’est pas encore totalement aboutie. L’article L. 421-11 du CESEDA prévoit désormais que la carte de séjour pluriannuelle “talent-carte bleue européenne” peut être délivrée à l’étranger qui occupe un emploi hautement qualifié pendant au moins 6 mois et justifie soit :

  • d’un diplôme sanctionnant au moins 3 années d’études supérieures,
  • soit d’une expérience professionnelle d’au moins 5 ans d’un niveau comparable,
  • soit, dans certaines professions à fixer par décret, d’au moins 3 ans d’expérience professionnelle pertinente au cours des 7 années précédant la demande.

Cette dernière voie “3 ans sur 7” existait dans la loi, mais qu’elle restait incomplète faute de texte d’application.

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Le décret du 24 avril 2026 avance sur ce point en créant l’article R. 421-21 C, qui renvoie à un arrêté ministériel pour la liste des professions concernées. À ce jour, le code renvoie toujours à cet arrêté à venir.

Attention, les exigences de fond ne sont pas modifiées

Le décret du 24 avril 2026 ne supprime pas les exigences de fond de la carte bleue européenne. Il ne supprime ni la logique d’emploi hautement qualifié, ni l’exigence d’un contrat de travail, ni celle d’un seuil de rémunération fixé par les textes. L’article L. 421-11 maintient ces conditions générales.

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Il ne transforme pas non plus immédiatement la voie “expérience pertinente 3 ans sur 7” en guichet ouvert à tous les profils. Le décret crée le mécanisme, mais son champ précis dépend encore d’un arrêté à venir. C’est la principale limite du texte à ce stade.

En conclusion

Pour un employeur ou un candidat, la réforme appelle une lecture simple.

Si le profil dispose déjà d’un diplôme Bac+3 ou plus ou d’une expérience de 5 ans de niveau comparable, la carte bleue européenne restait déjà envisageable, sous réserve des autres conditions, notamment le niveau de rémunération et l’emploi hautement qualifié. Le décret n’a pas supprimé ce cadre.

En revanche, pour les profils qui veulent entrer par la voie plus récente des 3 années d’expérience pertinente sur 7 ans, il faut rester prudent. Le principe légal existe bien, et le décret a créé le support réglementaire, mais l’application concrète dépend encore de la liste des professions qui sera fixée par arrêté. Tant que cette liste n’est pas fixée, cette voie reste juridiquement annoncée mais pas totalement opérationnelle.

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Enfin, n’oublions pas que le régime de la mobilité longue n’a pas été créé par le décret de 2026, mais il reste important à comprendre. L’article R. 421-21 du CESEDA prévoit qu’un étranger justifiant d’un séjour d’au moins 18 mois dans un autre État membre sous couvert d’une carte bleue européenne peut solliciter en France une carte de séjour pluriannuelle “talent-carte bleue européenne”. La décision d’admission au séjour en France doit alors être communiquée à l’autorité compétente du premier État membre.

Cette règle complète bien la réforme de 2026 :

  • mobilité courte de 90/180 jours sans autorisation de travail ;
  • mobilité plus longue avec demande de titre en France selon le régime de la carte bleue.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour vous accompagner dans le cadre carte bleue européenne ?

Sur le plan pratique, la carte bleue européenne relève de la famille des titres “talent”. Pour un séjour d’au moins un an, le demandeur doit en principe passer par un visa de long séjour talent puis déposer sa demande de carte sur internet ; pour un séjour inférieur à un an, un VLS-TS talent peut suffire. La démarche se fait via l’ANEF.

Le CESEDA prévoit que la carte bleue européenne est une carte de séjour pluriannuelle. Elle permet l’exercice de l’activité salariée correspondant aux critères qui ont justifié sa délivrance, et, en cas de perte involontaire d’emploi, son renouvellement peut être adapté à la durée des droits à l’assurance chômage.

Autre point pratique utile : il existe un formulaire spécifique Cerfa 15615 intitulé Éléments du contrat de travail justifiant une demande de carte de séjour pluriannuelle Talent “Carte bleue européenne”. Cela confirme qu’en pratique, le dossier repose très fortement sur la nature du poste, la durée du contrat et le niveau de qualification attendu.

Chez Exilae Avocats, nous vous accompagnons tout au long de la procédure.

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Ainsi, EXILAE Avocats ne se contente pas de traiter des dossiers : il explique, vulgarise et prend position sur des problématiques rencontrées par ses clients.

EXILAE Avocats est un cabinet exigeant sur le plan technique.

Son positionnement, son équipe et ses implantations en font une structure de premier choix pour accompagner aussi bien les entreprises que les particuliers, avec une promesse simple : proposer des réponses concrètes, solides et adaptées à des situations qui, souvent, ne peuvent pas attendre.

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Naturalisation : classement sans suite pour dossier incomplet = recours possible

Naturalisation : classement sans suite pour dossier incomplet = recours possible.

Le Conseil d’État vient de rendre une décision majeure le 2 mars 2026 : si l’administration classe votre dossier de naturalisation « sans suite » parce qu’il manque des pièces, vous avez le droit de contester cette décision devant le juge administratif.

Ce que beaucoup ignoraient jusqu’ici — et qui change tout.

« Votre dossier est incomplet. » Fin de l’histoire ?

Vous avez déposé votre demande de naturalisation. Vous avez réuni des dizaines de documents. Et quelques semaines plus tard, vous recevez un courrier laconique : « Votre dossier est classé sans suite en raison de son caractère incomplet. »

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Pendant des années, beaucoup de candidats à la nationalité française pensaient que c’était terminé. Que cette décision administrative était définitive. Qu’ils n’avaient d’autre choix que de tout recommencer.

Ce n’est plus vrai.

Le Conseil d’État vient de trancher clairement dans un arrêt du 2 mars 2026 : une décision de classement sans suite pour dossier incomplet peut être contestée devant le juge administratif.

C’est une avancée considérable pour tous les demandeurs de nationalité française.

C’est quoi exactement un « classement sans suite » ?

Quand vous déposez une demande de naturalisation, la préfecture ou le ministère examine votre dossier. Si des pièces manquent, l’administration vous envoie d’abord une mise en demeure : elle vous demande de fournir les documents manquants dans un délai précis.

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Si vous n’apportez pas les compléments dans les délais impartis, votre dossier peut être classé sans suite — c’est-à-dire abandonné.

Concrètement : votre demande est archivée. L’administration ne la traitera pas. Vous repartez à zéro.

Jusqu’ici, la règle était : pas de recours possible

En matière de titre de séjour, le Conseil d’État avait déjà dit en 2023 qu’un classement sans suite pour dossier incomplet ne pouvait pas être attaqué en justice.

Le raisonnement ? Ce n’est pas un « vrai » refus, juste une décision procédurale.

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Beaucoup pensaient que la même règle s’appliquait à la naturalisation.

Le Conseil d’État vient de dire le contraire.

La décision du 2 mars 2026 est claire : en matière de naturalisation, le classement sans suite fait grief — c’est-à-dire qu’il affecte réellement vos droits — et donc, il peut être contesté devant le tribunal administratif.

L’affaire qui a tout changé

Voici ce qui s’est passé dans l’affaire jugée par le Conseil d’État.

Une femme dépose une demande de naturalisation. L’administration lui demande deux choses : produire un jugement de divorce (une pièce qui n’est même pas dans la liste officielle des documents obligatoires) et fournir l’original de son acte de naissance algérien — pas la version scannée, pas la traduction en original, mais le vrai document papier.

Elle ne peut pas obtenir le jugement de divorce dans le délai imparti. Et pour l’acte de naissance, elle estime que l’original de la traduction suffit.

L’administration classe son dossier sans suite.

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Elle attaque la décision.

Le tribunal administratif lui dit : cette décision ne vous cause pas de préjudice, vous ne pouvez pas contester.

La cour administrative d’appel lui donne finalement raison.

Puis le Conseil d’État intervient et tranche définitivement : le recours est recevable. Dans les deux cas — pièces obligatoires manquantes ou pièces complémentaires demandées par l’administration — vous pouvez aller devant le juge.

Ce que cela change concrètement pour vous

✅ Vous pouvez contester le délai qui vous a été imposé

Si l’administration vous a donné 15 jours pour produire un document que vous ne pouviez pas obtenir aussi vite (un acte civil étranger, un jugement de divorce, un document consulaire…), vous pouvez désormais attaquer la décision en arguant que le délai était trop court.

✅ Vous pouvez contester la nécessité d’une pièce

Certains documents demandés par l’administration ne figurent pas dans la liste officielle des pièces obligatoires. Vous pouvez désormais contester le fait que cette pièce était vraiment indispensable à l’examen de votre dossier.

✅ Vous pouvez contester la réalité de l’incomplétude

Si vous pensez avoir fourni tout ce qui était nécessaire — comme la requérante qui estimait que la traduction originale remplaçait l’acte original — vous pouvez soumettre cette question au juge.

⚠️ Ce que le Conseil d’État confirme aussi

Sur le fond, le Conseil d’État rappelle une règle importante : une traduction en original ne remplace pas l’acte original lui-même.

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Si votre acte de naissance étranger doit être produit en original, envoyer uniquement un scan ou une traduction — même traduite par un traducteur assermenté en original — ne suffit pas. La reproduction ne vaut pas l’original.

Où et comment contester ?

Le tribunal administratif de Nantes est seul compétent en matière de contentieux concernant les décisions relatives aux demandes de naturalisation ou de réintégration dans la nationalité française, quel que soit le lieu de domicile du demandeur.

Autrement dit : peu importe que vous habitiez Paris, Lyon ou Bordeaux, c’est toujours Nantes qui tranche en première instance.

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Le recours doit être formé dans les deux mois suivant la notification de la décision de classement sans suite.

Attention : si votre demande a été déposée via le téléservice (plateforme NATALI), le recours administratif préalable doit également être formé via ce même téléservice. À défaut, il pourra être rejeté comme irrecevable.

Le contexte : une procédure de naturalisation qui se durcit en 2026

Cette décision intervient dans un contexte où les exigences pour obtenir la nationalité française n’ont jamais été aussi élevées.

Depuis le 1er janvier 2026, le niveau de français requis est passé du B1 au B2. Les connaissances civiques sont désormais évaluées par un examen civique formel et obligatoire, remplaçant l’appréciation informelle lors de l’entretien.

La circulaire dite « Retailleau » de 2025 renforce également les orientations données aux préfectures dans l’appréciation des dossiers, en mettant l’accent sur l’exigence d’une assimilation effective à la société française.

Dans ce contexte, un dossier classé sans suite pour incomplétude est encore plus dommageable : vous repartez de zéro avec des conditions d’accès plus strictes qu’avant.

Pouvoir contester cette décision devient donc encore plus précieux.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour vous accompagner dans le cadre d’une demande de naturalisation

Chez Exilae Avocats, nous accompagnons les candidats à la nationalité française à chaque étape :

Avant le dépôt — audit complet de votre dossier, identification des pièces sensibles, anticipation des demandes complémentaires de l’administration

Après un classement sans suite — analyse des motifs invoqués, évaluation des chances de recours, rédaction du recours devant le tribunal administratif de Nantes dans les délais

En cas de refus de naturalisation — recours hiérarchique et contentieux, représentation devant le juge administratif

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Prêt de main d’œuvre : qui est responsable en cas d’accident ?

Prêt de main d’œuvre : qui est responsable en cas d’accident ?

Vous prêtez un salarié à une autre entreprise. Pendant sa mission, il travaille 84 heures par semaine, assiste à des réunions en pleine nuit, et finit par être victime d’un accident.

La question qui arrive immédiatement : est-ce votre problème, ou celui de l’entreprise qui l’accueille ?

La Cour de cassation vient de répondre sans ambiguïté, dans un arrêt du 18 février 2026 qui devrait faire réfléchir tous les employeurs qui ont recours au prêt de main d’œuvre.

Cass. soc., 18 févr. 2026, n° 24-14.172 FS-B

Le prêt de main d’œuvre, c’est quoi exactement ?

Mettre un salarié à disposition d’une autre entreprise, c’est une pratique courante — et légale — qui s’appelle le prêt de main d’œuvre. Concrètement :

  • Vous restez l’employeur officiel (l’entreprise prêteuse)
  • Le salarié travaille physiquement chez une autre société (l’entreprise utilisatrice)
  • Vous continuez à le payer

C’est différent de l’intérim, différent du détachement, et cela obéit à des règles précises fixées par le Code du travail.

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Là où ça devient délicat : qui est responsable de quoi pendant toute la durée de la mission ?

Ce que beaucoup d’employeurs croient — à tort

L’idée reçue est simple : « Mon salarié travaille chez eux, donc leurs obligations, leurs problèmes. »

C’est exactement la position qu’a défendue l’entreprise prêteuse dans l’affaire jugée en février 2026. Son raisonnement : puisque le salarié avait signé un contrat de travail local avec la filiale azerbaïdjanaise qui l’accueillait, c’est cette dernière qui devait gérer les heures supplémentaires, les conditions de travail, et la sécurité sur le chantier.

La Cour de cassation n’a pas suivi ce raisonnement.

Ce que dit la Cour de cassation : vous restez responsable

La décision est claire sur deux points qui concernent directement votre entreprise.

1. Le contrat local ne vous décharge pas de vos obligations salariales

Même si votre salarié signe un contrat avec l’entreprise qui l’accueille à l’étranger, le contrat français reste pleinement en vigueur. Il n’est ni suspendu, ni mis en pause.

Résultat concret : si ce salarié effectue des heures supplémentaires chez l’entreprise utilisatrice, c’est vous qui devez les payer — pas elle. C’est à vous qu’il peut les réclamer devant le conseil de prud’hommes.

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2. Vous ne pouvez pas déléguer votre obligation de sécurité

C’est le point le plus important. L’entreprise utilisatrice a effectivement des obligations de sécurité envers le salarié mis à disposition — c’est indiscutable. Mais la Cour de cassation confirme que vous en avez aussi, en parallèle.

Ce n’est pas l’un ou l’autre. C’est les deux.

Dans cette affaire, l’employeur connaissait les conditions de travail : il organisait lui-même les départs et les retours de mission. Il ne pouvait donc pas prétendre ignorer les 84 heures hebdomadaires et les réunions nocturnes. La Cour a retenu sa responsabilité.

Pourquoi cet arrêt vous concerne directement

Si vous êtes une entreprise qui envoie des salariés travailler chez des partenaires, des filiales, ou des clients — en France ou à l’étranger — voici ce que cette décision change dans votre quotidien.

Vous devez rester informé des conditions réelles de travail. Pas seulement signer la convention de mise à disposition et tourner la page. Si vos salariés travaillent dans des conditions qui mettent leur santé en danger, votre responsabilité peut être engagée même si vous n’êtes pas sur place.

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Un contrat local ne vous protège pas. Faire signer un contrat de droit local à votre salarié avec l’entreprise utilisatrice n’est pas un bouclier juridique. Le droit du travail français continue de s’appliquer en parallèle.

La convention de mise à disposition doit être précise. Ce document doit clairement définir qui prend en charge quoi en matière de conditions de travail, de temps de travail et de sécurité — pour éviter tout vide juridique en cas de litige.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour vous accompagner dans le cadre de la mise en oeuvre du prêt de main d’oeuvre dans votre entreprise?

Vous utilisez le prêt de main d’œuvre dans votre entreprise ? Voici trois actions concrètes sur lesquelles le cabinet EXILAE Avocats vous accompagne.

Audit de vos conventions en cours. Prévoient-elles un suivi des conditions de travail ? Une remontée d’information en cas de difficulté ? Si non, c’est à corriger.

Mise en place un suivi actif. Ne vous contentez pas de confier votre salarié et d’attendre son retour. Un point mensuel sur ses conditions de mission, son temps de travail effectif, son état de santé — c’est votre meilleure protection en cas de litige.

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Anticipation avant le départ. La sécurité se gère avant la mission, pas après l’accident. Évaluation des risques du poste chez l’utilisateur, information du salarié, formalisation des procédures d’urgence : ces étapes ne sont pas optionnelles.

Dans ce contexte, un cabinet capable de relier droit social, immigration professionnelle et gestion du risque est un atout concret.

Ainsi, EXILAE Avocats ne se contente pas de traiter des dossiers : il explique, vulgarise et prend position sur des problématiques rencontrées par ses clients.

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Son positionnement, son équipe et ses implantations en font une structure de premier choix pour accompagner aussi bien les entreprises que les particuliers, avec une promesse simple : proposer des réponses concrètes, solides et adaptées à des situations qui, souvent, ne peuvent pas attendre.

Faillite d’entreprise et URSSAF : quand la dette sociale fait basculer une société

Faillite d’entreprise et URSSAF : quand la dette sociale fait basculer une société.

Les faillites d’entreprises explosent en 2025.

Dans le même temps, l’Urssaf affiche des niveaux de redressement inédits.

Pour beaucoup de dirigeants, la question n’est plus théorique : l’Urssaf peut-elle faire tomber une entreprise ?

La réponse est claire : oui, dans certains cas, l’Urssaf peut précipiter la chute d’une société. Pas forcément parce qu’elle est la cause unique des difficultés, mais parce que la dette sociale est souvent celle qui révèle l’asphyxie financière, bloque la trésorerie et déclenche, en cascade, la cessation des paiements.

Autrement dit, l’Urssaf n’est pas toujours à l’origine de la crise. Mais elle en est très souvent l’accélérateur.

Record de faillites, record de redressements : un signal d’alerte pour les dirigeants

Le croisement des deux informations est frappant. D’un côté, les défaillances d’entreprises atteignent un niveau historique. De l’autre, les contrôles et redressements Urssaf progressent fortement, notamment en matière de travail dissimulé et de fraude sociale.

Et quand l’économie ralentit, les entreprises fragiles supportent de moins en moins la pression des charges sociales, des contrôles et des rappels de cotisations.

Et c’est là que le risque devient brutal.

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Une entreprise peut survivre à une baisse d’activité.
Elle peut parfois absorber un impayé client.
Elle peut même tenir avec une trésorerie tendue pendant plusieurs mois.

Mais lorsqu’elle doit faire face, en plus, à une dette Urssaf exigible, à un redressement important ou à la remise en cause de pratiques sociales irrégulières, l’équilibre peut céder immédiatement.

L’Urssaf ne crée pas toujours la difficulté, mais elle la révèle

Dire que “l’Urssaf provoque les faillites” serait excessif. En revanche, dire que les dettes Urssaf jouent un rôle majeur dans de nombreuses cessations des paiements est parfaitement crédible.

Pourquoi ?

Parce que l’Urssaf est un créancier redoutable :

  • les cotisations sont récurrentes ;
  • les montants peuvent être élevés ;
  • les majorations et pénalités aggravent vite l’encours ;
  • le contrôle peut déboucher sur un rappel massif ;
  • la contestation n’empêche pas toujours la tension immédiate sur la trésorerie.

En pratique, beaucoup d’entreprises ne tombent pas uniquement “à cause de l’Urssaf”, mais elles tombent au moment où l’Urssaf devient impossible à payer.

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C’est une différence essentielle.

Faillite et dette Urssaf : le vrai mécanisme juridique

En droit, une entreprise est en cessation des paiements lorsqu’elle ne peut plus faire face à son passif exigible avec son actif disponible.

Cela signifie une chose très concrète pour le chef d’entreprise : si les dettes sociales sont arrivées à échéance et que la trésorerie ne permet plus de les régler, le risque de dépôt de bilan devient immédiat.

La dette Urssaf n’est donc pas une dette “secondaire”.
C’est souvent une dette décisive.

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Car lorsque les charges sociales s’accumulent, plusieurs effets se combinent :

  • la trésorerie se dégrade ;
  • les autres créanciers ne sont plus payés normalement ;
  • les banques deviennent plus prudentes ;
  • les incidents se multiplient ;
  • la société perd toute marge de manœuvre.

À ce stade, le redressement Urssaf n’est plus seulement un problème social ou comptable. Il devient un problème de survie de l’entreprise.

Le contrôle Urssaf peut-il faire déposer le bilan ?

Oui. Et c’est même l’un des scénarios les plus dangereux pour une PME ou une société déjà affaiblie.

Un contrôle Urssaf peut avoir un effet dévastateur lorsqu’il révèle :

  • du travail dissimulé ;
  • des avantages en nature non déclarés ;
  • une mauvaise application des exonérations ;
  • des erreurs récurrentes de paie ;
  • une sous-déclaration d’assiette ;
  • un recours irrégulier à certains statuts.

Dans ce cas, le redressement ne tombe pas comme une simple régularisation. Il arrive souvent comme une dette soudaine, lourde, rétroactive, parfois impossible à absorber.

Pour une entreprise saine, cela peut se gérer.
Pour une entreprise déjà sous tension, cela peut suffire à la faire basculer.

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C’est la raison pour laquelle tant de dirigeants découvrent trop tard que le risque Urssaf est un risque de procédure collective.

Fraude, travail dissimulé, cotisations impayées : tous les dossiers ne se valent pas

Il faut cependant distinguer plusieurs situations.

1. L’entreprise en difficulté économique classique

Elle accumule des retards de charges sociales faute de trésorerie. Ici, l’Urssaf n’est pas la cause de départ, mais elle devient un créancier central dans la dégradation.

2. L’entreprise redressée après contrôle

Elle pensait tenir son modèle économique, puis découvre un rappel de cotisations important. Ici, le contrôle Urssaf agit comme déclencheur de crise.

3. L’entreprise exposée pour fraude sociale

Dans cette hypothèse, la situation est plus grave. Le redressement s’accompagne souvent de pénalités, d’un risque pénal, d’un risque réputationnel et d’un effondrement rapide de la capacité de financement.

Dans les trois cas, une réalité domine : la dette sociale mal anticipée peut conduire au dépôt de bilan.

L’erreur classique des dirigeants : attendre le dernier moment

Le plus grand danger n’est pas toujours la dette elle-même, c’est l’inaction.

Beaucoup de dirigeants attendent trop longtemps parce qu’ils pensent pouvoir “rattraper le mois prochain”, obtenir un gros règlement client ou négocier plus tard. Cette stratégie est souvent fatale.

Pourquoi ? Parce qu’en matière d’Urssaf, plus on attend :

  • plus la dette grossit ;
  • plus les majorations s’accumulent ;
  • plus la contestation devient technique ;
  • plus la société s’approche de la cessation des paiements ;
  • plus la responsabilité du dirigeant peut être exposée.

Lorsqu’une entreprise ne peut déjà plus payer normalement ses cotisations, elle ne doit pas banaliser la situation. C’est un signal juridique majeur.

Peut-on éviter la faillite malgré une dette Urssaf ?

Oui, mais uniquement si l’entreprise réagit vite.

Il existe plusieurs leviers, selon les cas :

  • demander des délais de paiement ;
  • négocier un échéancier ;
  • contester un redressement mal fondé ;
  • sécuriser les justificatifs sociaux et de paie ;
  • anticiper une procédure de prévention ;
  • envisager, si nécessaire, une procédure collective au bon moment et non trop tard.

Le vrai sujet, ce n’est pas seulement de savoir si l’Urssaf “a raison” ou “a tort”.
Le vrai sujet, c’est de savoir si l’entreprise a encore une fenêtre pour éviter l’asphyxie.

A lire également : EXILAE Avocats : un cabinet engagé en droit social, droit des étrangers et contentieux sensibles

Et cette fenêtre se referme vite.

Pourquoi choisir EXILAE AVOCATS pour vous accompagner dans le cadre d’un litige avec l’URSSAF?

L’employeur d’aujourd’hui doit composer avec des risques accrus : recrutement international, autorisation de travail, conformité sociale, contentieux du travail, exposition administrative ou contrôle.

Dans ce contexte, un cabinet capable de relier droit social, immigration professionnelle et gestion du risque est un atout concret.

Ainsi, EXILAE Avocats ne se contente pas de traiter des dossiers : il explique, vulgarise et prend position sur des problématiques rencontrées par ses clients.

EXILAE Avocats est un cabinet exigeant sur le plan technique.

Son positionnement, son équipe et ses implantations en font une structure de premier choix pour accompagner aussi bien les entreprises que les particuliers, avec une promesse simple : proposer des réponses concrètes, solides et adaptées à des situations qui, souvent, ne peuvent pas attendre.

Les obligations de quitter le territoire à l’encontre des citoyens de l’Union européenne

Les obligations de quitter le territoire à l’encontre des citoyens de l’Union européenne.

En droit français, il est possible de regrouper les étrangers en deux grandes catégories : les citoyens de l’Union européenne et les ressortissants d’États tiers.

Les étrangers ressortissants d’États tiers sont l’ensemble des étrangers qui ne possèdent pas la nationalité d’un des 27 États membres de l’Union européenne.

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Les citoyens de l’Union européenne sont les ressortissants de ces États membres et le principe est que tous les citoyens de ces états sont automatiquement des citoyens de l’Union européenne.

Ces deux grandes catégories d’étrangers sont régies par des obligations, des droits et des textes différents.

Les citoyens de l’Union européenne bénéficient notamment de certains avantages quant aux règles à respecter pour séjourner sur le territoire français.

Toutefois, malgré ces avantages, certaines mesures restrictives trouvent à s’appliquer.

Les OQTF (obligation de quitter le territoire français), sont des mesures administratives prises par les autorités publiques, afin de forcer un ressortissant étranger à partir du territoire français, même si ce dernier bénéfice d’un droit de séjour.

Les obligations de quitter le territoire à l’encontre des citoyens de l’Union européenne : principes généraux

Ces OQTF sont applicables à la fois aux ressortissants d’États tiers et aux ressortissants de l’Union européenne.

Mais là encore, les ressortissants de l’Union européenne sont placés sous un régime différent.

En effet, le régime général des OQTF (L.611-1 àL.611-3 du CESEDA) ne s’applique pas à eux, ce sont des règles spécifiques, prévues aux articles L.251-1 à L.251-6 du CESEDA qui régissent leur situation.

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Ainsi, les motifs permettant aux autorités publiques de prendre une OQTF à leur encontre sont différents de ceux propres aux étrangers ressortissants d’États tiers. Les OQTF ne sont possibles que dans trois situations :

  • Lorsqu’ils ne répondent plus aux conditions relatives à leur droit de séjour (les conditions diffèrent selon que le séjour est inférieur à trois mois, entre trois mois et cinq ans et supérieur à cinq ans).
  • Lorsque le comportement de l’étranger constitue une menace réelle, actuelle et suffisamment grave à l’encontre d’un intérêt fondamental de la société.
  • Lorsque leur séjour est constitutif d’un abus de droit (c’est-à-dire quand le séjour a pour objectif de bénéficier du système d’assistance sociale).

En revanche, une OQTF ne sera jamais possible à l’encontre d’un citoyen de l’Union européenne qui bénéficie d’un droit de séjour permanent en France (droit de séjour accordé après cinq années de résidence légale et continue sur le territoire). Cette mesure protectrice s’applique également aux membres de leur famille.

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Comme pour les étrangers ressortissants d’États tiers, l’étranger citoyen de l’Union européenne bénéficie en principe d’un délai de 30 jours pour quitter le territoire et il peut également faire l’objet d’une interdiction de circulation sur le territoire français pour une durée de 3 ans (contre 5 ans pour les ressortissants d’États tiers).

Les obligations de quitter le territoire à l’encontre des citoyens de l’Union européenne : les effets

Une OQTF a pour effet d’obliger l’individu à quitter le territoire de l’Union européenne sous peine de poursuites judiciaires.

Mais au-delà de ces effets classiques, l’OQTF à l’encontre d’un citoyen de l’Union européenne entraine la perte pour ce dernier de la durée de résidence acquise sur le territoire français.

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Leur droit de séjour est en effet conditionné en grande partie par leur présence régulière et continue sur le territoire français. En étant obligé de quitter le territoire, l’étranger perd cette durée de résidence, ce qui a pour effet d’entraîner la perte du maintien au séjour.

Pour éviter ces effets néfastes, il est nécessaire de contester très rapidement les mesures d’OQTF et d’interdiction de circulation.

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Admission exceptionnelle au séjour et tests préfectoraux d’intégration

Admission exceptionnelle au séjour et tests préfectoraux d’intégration.

Depuis le 23 janvier 2025, un nouveau texte vient fixer les orientations générales régissant l’admission exceptionnelle au séjour : la circulaire Retailleau.

Cette admission exceptionnelle permet aux étrangers sans titre de se voir régulariser pour motifs professionnels ou personnels et familiaux.

Cette nouvelle circulaire remplace la circulaire Valls de 2012, et réhausse les conditions attendues pour se voir régulariser au titre de l’admission exceptionnelle au séjour.

Notamment, elle insiste sur la nécessité pour les préfectures de tenir compte du niveau d’intégration des étrangers en France.

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L’intégration, au sens de cette circulaire, impose aux étrangers de respecter de manière rigoureuse les principes et valeurs de la République comme : la liberté d’expression, l’égalité entre les femmes et les hommes ou encore la dignité de la personne humaine.

Pour vérifier cette intégration, il était jusqu’à présent nécessaire pour l’étranger de signer un contrat d’engagement à respecter les principes de la République, qui attestait du respect des valeurs essentielles de la France.

Désormais, en plus de ce contrat d’engagement qui reste nécessaire, la circulaire Retailleau met l’accent sur la nécessité pour l’étranger de démontrer son intégration à travers son niveau de langue.

Ce dernier peut être attesté par un diplôme français, une certification linguistique ou encore toute autre preuve de la langue française.

Admission exceptionnelle au séjour et tests préfectoraux d’intégration : autres preuves de langue française

Jusqu’alors, il était difficile de savoir ce que regroupaient ces « autres preuves de langue française ».

Or, depuis quelques temps, il est avéré que des préfectures comme Nanterre ou Sarcelles font passer des « tests de français » aux étrangers lors de leur dépôt de dossier AES.

Par exemple, la préfecture de Nanterre soumet les questions suivantes :

  • « Quelles sont les couleurs du drapeau français ? »
  • « Quel fleuve traverse la capitale française ? »
  • « A quelle date a lieu la Fête Nationale de la France ? »
  • « Qui est la Première dame de la France ? »
  • « Quelle est la devise de la France ? »
  • « Où se sont déroulés les derniers Jeux olympiques ? »
  • « J’atteste avoir renseigné le questionnaire sans aide, entourez : oui    non »
  • « J’atteste avoir renseigné le questionnaire avec de l’aide, entourez : oui    non »

Les réponses doivent être écrites de manière manuscrite, en français.

A lire également : Naturalisation française : comprendre la condition de stage, ses réductions et ses suppressions

Ainsi, ces tests, conformément à la circulaire Retailleau, permettent de vérifier le niveau de langue de l’étranger, que ce soit à travers la lecture de la langue ou son écriture.

Admission exceptionnelle au séjour et tests préfectoraux d’intégration : des tests de français afin de s’assurer de l’intégration de l’étranger

Les questions posées, notamment par la préfecture de Nanterre, interrogent sur leur objectif réel.


S’il n’y a aucun doute sur le fait qu’ils permettent d’apprécier le niveau de langue de l’étranger, les questions semblent orientées afin de juger son niveau d’intégration, alors même qu’il aurait signé le contrat d’engagement à respecter les principes de la République.

Or, la circulaire ne prévoit pas de tests écrits pour s’assurer de l’intégration de l’étranger lors d’une demande d’admission exceptionnelle au séjour.

A lire également : La taxe pour l’embauche d’un salarié étranger (ex-taxe OFII)

Les préfectures, en particulier Nanterre et Sarcelles, semblent donc faire une application particulièrement stricte de la circulaire quant à l’exigence d’intégration des étrangers.

Il est donc recommandé, pour les étrangers souhaitant déposer une demande d’admission exceptionnelle au séjour, de s’assurer de leur connaissance des principes et valeurs essentiels de la république française.

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Ce que change la loi Immigration

Ce que change la loi Immigration.

Le 25 janvier 2024 dernier, le Conseil constitutionnel, composé de ses neuf Sages, a rendu sa décision portant sur la loi Immigration.

Le Conseil constitutionnel avait été saisi par le Président de la République Emmanuel Macron, la présidente de l’Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet ainsi que par la gauche parlementaire pour contrôler la conformité de la loi Immigration à la Constitution française.

A lire également : Après la Censure du Conseil constitutionnel, le volet « travail » de la loi immigration reste inchangé

Cette décision était très attendue en ce qu’elle représentait un enjeu politique important. Mais la loi désormais promulguée est elle au rendez-vous ?

Ce que change la loi Immigration : les disposition censurées par le Conseil Constitutionnel et non applicables

Près d’un tiers des articles du texte présentés au Conseil Constitutionnel a été censuré.

Cette censure s’est fondée pour 32 des 82 articles adoptés par le Parlement sur un motif de forme (car certains des articles n’avaient pas de lien avec le texte initialement présenté par le gouvernement, c’est ce que l’on appelle des “cavaliers législatifs”).

Aussi, le Conseil constitutionnel s’est prononcé – de manière beaucoup plus restreinte – sur le fond en censurant totalement ou partiellement trois articles.

La décision – seconde plus longue dans l’histoire des décisions rendues par cette instance – témoigne des enjeux politiques importants que représente la question de l’immigration en France.

A lire également : L’inopposabilité de la condition de rémunération pour le passeport talent carte bleue européenne

Parmi les mesures censurées, on retrouve notamment le délit de séjour irrégulier, les mesures conditionnant l’accès aux prestations sociales, le durcissement du droit au regroupement familial, la mise en place d’une caution de retour pour les étudiants, l’obligation pour l’étudiant étranger de justifier du caractère réel et sérieux de ses études, la majoration des frais de scolarité des étudiants étrangers ou encore la fin du droit du sol automatique pour les enfants nés de parents étrangers.

La justification de l’ensemble de ces censures peut être retrouvée dans la décision complète disponible sur le site du Conseil constitutionnel.

Ce que change la loi Immigration : les apports de la loi

Malgré la tendance générale à la censure des articles qui avaient été soutenus par la droite et l’extrême droite parlementaire, le Conseil constitutionnel a jugé conforme 11 des articles qui lui ont été soumis.

Parmi eux, on retrouve notamment :

  • La précision des conditions de réacheminement à la frontière (article 2)
  • La suppression des protections contre l’expulsion de certains étrangers (article 35)
  • La possibilité de prononcer une obligation de quitter le territoire français (OQTF) contre des étrangers protégés (article 37)
  • La création d’un fichier des mineurs non accompagnés délinquants (article 39)
  • L’allongement de la durée d’assignation à résidence des étrangers (article 42)
  • L’exclusion de certains mineurs étrangers de l’aide sociale à l’enfance dans les cas où ils sont visés par une OQTF (article 44)
  • L’instauration d’une condition de “respect des principes de la République” pour obtenir un titre de séjour (article 46). Cela implique que, désormais, un étranger qui demande un document de séjour s’engagera par la souscription d’un contrat d’engagement au respect des principes de la République et notamment la liberté personnelle, la liberté d’expression et de conscience, l’égalité entre les femmes et les hommes, la dignité de la personne humaine, la devise et les symboles de la République, l’intégrité territoriale ainsi qu’à ne pas se prévaloir de ses convictions pour s’affranchir des règles communes régissant les relations entre les services publics et les particuliers. Le refus de se soumettre à ce contrat justifiera l’absence de délivrance d’un tel document de séjour
  • La fin de la collégialité – par principe – des jugements de la Cour nationale du droit d’asile, qui a été jugé conforme et ne portant pas atteinte à un droit à un procès équitable (article 70)
  • L’article 34 de la loi Immigration relatif à la nouvelle amende pour les employeurs reste également dans le texte final et sera présent dans la nouvelle version du CESEDA à l’article L. 8253-1.
  • L’article 20 de la loi Immigration concernant l’intégration par la langue et la hausse du niveau de connaissance de la langue française requis reste inchangé et sera intégré au Titre IV du CESEDA.
  • La nouvelle carte de séjour pluriannuelle “talent-professions médicales et de la pharmacie” se maintient dans la version finale et sera inscrite à l’article L. 421-13-1 du CESEDA.

Ce que change la loi Immigration : le titre de séjour “métiers en tension”

L’article 27 de la loi Immigration relative au titre de séjour “métiers en tension” reste dans le texte final promulgué au Journal Officiel de la République Française et sera présent à l’article L. 435-4 du Code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile (CESEDA ci-après).

Ce titre de séjour sera accordé à la discrétion des préfets, ce qui signifie que, bien que toutes les conditions soient remplies, ceux-ci se réservent le droit de refuser la demande formulée par l’étranger.

Un étranger qui travaille dans un secteur professionnel marqué par des difficultés de recrutement pourra désormais se voir délivrer une carte de séjour “travailleur temporaire” ou “salarié” pour une durée maximale d’un an et l’autorisant à travailler.

Afin d’être éligible, l’étranger devra justifier :

  • D’avoir eu une activité professionnelle salariée au moins 12 mois (consécutifs ou non) au cours des 24 derniers mois
  • D’avoir un emploi relevant de ces métiers dits “en tension”
  • D’une résidence ininterrompue d’au moins 3 années en France

A lire également : Le contrôle URSSAF en 2024

  • D’une insertion sociale et familiale, du respect à l’ordre public, de l’intégration à la société française ainsi qu’une adhésion aux modes de vie et aux valeurs de la République Française
  • De ne pas avoir fait l’objet d’une condamnation, d’une incapacité ou d’une déchéance mentionnée au bulletin n°2 du casier judiciaire

Les étrangers ne seront désormais plus obligés de passer par leur employeur pour l’octroi de la carte de séjour.

Ce titre de séjour n’est pour l’instant applicable que jusqu’au 31 décembre 2026, à titre expérimental.

La liste des métiers en tension est actuellement réglementé par l’Arrêté du 1er avril 2021 relatif à la délivrance, sans opposition de la situation de l’emploi, des autorisations de travail aux étrangers non ressortissants d’un Etat membre de l’Union européenne, d’un autre Etat partie à l’Espace économique européen ou de la Confédération suisse.

Bien qu’une révision était prévue en 2023 par l’ancien Ministre du travail Olivier Dussopt, aucune liste officielle n’a encore été publiée.

Le texte de référence reste donc toujours aujourd’hui l’arrêté de 2021 qui classe par région les métiers considérés comme étant “en tension”.

EXILAE AVOCATS, des avocats et juristes en droit social et droit des étrangers qui vous accompagnent sur toutes vos problématiques

EXILAE AVOCATS est un Cabinet d’avocats parisien proposant ses services en droit du travail, droit des affaires (commercial, sociétés…) et de droit des étrangers.

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